Alex Vizorek : Mais oui ! Re-bonjour Patrick, Bonjour à tous.
Monsieur Rachline, bonjour.
Au risque de décevoir l’auditeur de France Inter qui attend avec impatience ce moment…
Déjà parce que je suis extrêmement talentueux… Mais surtout parce que quand l’invité n’entre
pas dans son spectre politique… Et ne le prenez pas personnellement, mais je pense
qu’on est dans ce cas de figure.
L’auditeur attend de moi, que je déboule en panzer sur vous et vos idées, armé de
mes meilleures vannes,...
Patrick Cohen : Non, il n'attend rien l'auditeur.
Il vous écoute.
Aelx Vizorek : Ah si je le connais, je lui parle très souvent après mes spectacles...
Il veut que je sois le Don Quichotte de la gaudriole.
Je l’ai déjà fait.
D’autres sur cette antenne et ailleurs le font, d’autres avant nous l’ont déjà
depuis… Et depuis 40 ans on combat des moulins à vents, dont le souffle vous pousse dans
le dos, car depuis 40 ans, le nombre de gens ayant envie de voter Front National ne fait
qu’augmenter.
Est-ce qu’on ne serait pas un peu con ? Bon, moi je suis même payé pour ça, mais aussi
con que je sois, j’arrive à poser l’équation : plus on vous déteste, plus on vous raille…plus
vous progressez.
Notez, vous avez le problème inverse, plus vous détestez les étrangers, plus il y en
a en France ! Non, mais ça pose des questions quand même.
Votre parti est embourbé dans tellement d’affaires qu’on dirait Les Républicains… Et rien,
les gens s’en foutent… On en est au point où même si Marine le Pen égorgeait des
chatons à mains nues, elle ne perdrait pas une seule voix.
J’ai donc décidé de changer de méthode avec le FN.
J’ai décidé de vous donner de l’amour, parce que c’est sans doute ce qu’il vous
manque.
Vous déjà, mais tous vos électeurs.
Si ils se tournent vers vous, c’est parce qu’ils ne se sentent pas assez aimé et
nous les bien-pensants comme vous dites…Même si vous accepterez avec moi qu’il est moins
grave pour le monde d’être un bien-pensant qu’un mal-agissant…Donc nous les bien-pensants,
on donne beaucoup l’impression de s’intéresser aux migrants, aux SDF, on donne des Césars
à des actrices de couleurs.
Résultat, vos électeurs se sentent délaissé.
Et se disent : au moins le FN m’aime.
C’est de la psychologie à la « Pascal le grand frère », mais quand même.
Quand des parents s’occupent plus d’un enfant malade, son frère ou sa sœur compense,
en faisant n’importe quoi pour se faire remarquer : décrochage scolaire, vandalisme,
prendre la carte d’un parti politique sulfureux.
Sachez que l’amour n’est pas quantifié, c’est pas parce qu’on en donne à l’un
qu’on ne peut pas en donner à l’autre… Donc chers 26% des électeurs prêts à voter
Marine au premier tour, je vous aime et je ne dis pas ça parce que ma carrière bat
de l’aile et que j’aimerais revenir au-devant de l’écran comme certains acteurs roux
de second plan ! Aie, j'ai craqué ! Patrick je replonge, j’ai
dit du mal de quelqu’un que je devrais aimer.
C’est ma nouvelle stratégie, je me dois d’aimer Franck de Lapersonne… Pas pour
moi, mais pour lui ! Si Pedro Almodovar, François Ozon ou même Fabien Ontoniente l’avait
aimé, il ferait moins de politique.
En plus, je l’ai aimé Frank de Lapersonne, dans "Palace" bien sûr, mais surtout dans
"Lucie Aubrac" de Claude Berri.
Il joue le rôle de Henri Aubry, un résistant français, arrêté en 43 par Barbie en même
temps que Raymond Aubrac et Jean Moulin.
Vous voyez que c’est un grand acteur.
Bref je lui envoie de l’amour, à lui, à vous Monsieur Rachline, à Madame Le Pen qui
semble aussi en avoir besoin, à Marion Maréchal, mais là c’est par goût personnel.
J’envoie aussi de l’amour à toute la fachosphère qui va m’insulter après cette
chronique… car ils sont très présents sur les réseaux sociaux, vous les coachez
bien.
Et bien, je vous le dis, au premier degré, je vous envoie de l’amour… ça ne sert
à rien que je vous envoie ma haine, vous avez déjà la vôtre !
« Et on va tous se retrouver dans l’amour… » (on dirait un peu du Marc Levi, j’suis
désolé Augustin), et peut-être même que rempli de tout cet amour, le David qui est
en vous, n’aura plus envie de voter Rachline !
Changeons donc, et admettons qu’on a tous été bête jusque-là…et comme le disait
Brel, la bêtise, c’est de la paresse : "La bêtise c'est de la paresse.
La bêtise c'est un type qui vit et il se dit ça me suffit.
Je vis, je vais bien, ça me suffit.
Et il se botte pas le cul tout les matins en disant c'est pas assez.
Tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses, tu ne fais pas assez
de choses.
C'est de la paresse, ceux qui ont la bêtise.
Une espèce de graisse autour du cœur, une graisse autour du cerveau.
Je crois que c'est ça."
Patrick Cohen : C'était votre touche belge, Alex Vizorek.
Alex Vizorek : Exactement.
A méditer