
qu'ils ne voulaient plus être le parti de la classe ouvrière.
Ils voulaient représenter une classe différente,
un groupe qu'ils ont appelé la classe "créative"
ceux qu'on appelle les "winners" dans la nouvelle économie.
C'est ce qu'ils sont, c'est comme ça qu'ils se voient,
c'est ceux à qui ils parlent. Une des raisons à cela
est qu'ils considéraient que
la classe ouvrière n'avait nulle part ailleurs où aller
C'est une expression que l'on utilise en politique en Amérique,
pour dire qu'ils n'iraient pas dans l'autre camp.
Eh bien... devinez ce qu'il s'est passé ?
Pendant ce temps, le Parti républicain,
qui est un parti de droite aux États-Unis, a décidé
d'essayer d'atteindre cette classe désabusée et en colère
Le parti utilise tout un tas de techniques
en menant une guérilla culturelle,
en parlant de leurs valeurs entre autres,
utilisant la religion, la question raciale.
Et maintenant, avec Trump qui parle de problèmes économiques.
Au fil des années, le problème a empiré,
encore et encore.
Évidemment, le Parti républicain, qui a désormais
la majorité des voix de la classe ouvrière blanche,
ne fait jamais rien pour les aider,
parce que
ce en quoi ils croient vraiment sont les marchés,
la réduction des impôts, du pouvoir de la législation, et enrichir les riches.
Il s'agit donc là d'une situation politique désastreuse
en Amérique, où personne n'agit plus vraiment
pour la classe ouvrière.
Au lieu de cela, on a des démagogues
comme Donald Trump,
qui obtiennent leurs votes
et ensuite font passer
de gigantesques réductions d'impôts.
De l'autre côté, on a les démocrates
qui les traitent de "lamentables", comme Hillary Clinton
qui rend de grands services à Wall Street,
a qualifié les défenseurs de Trump.
Les" professionnels", c'est la façon
de décrire les personnes
qui représentent le groupe le plus "démocrate"
en Amérique. Ce sont des gens très fortunés.
Ils ont de grands diplômes.
Ce sont des cadres, des "cols blancs".
Je vis dans un quartier rempli de ce genre
de personnes et ils peuvent être très libéraux
concernant les problèmes sociaux et culturels.
Cependant, ils ne sont pas du tout libéraux sur les questions
d'emploi, de revenus, de salaires, d'inégalité.
Tout ce que défendent les syndicats.
Leur valeur prédominante est la méritocratie.
La méritocratie. L'idée que les personnes
en haut de la société
sont là car elles le méritent,
et elles le méritent parce qu'elles ont bien travaillé à l'école.
C'est devenu le dogme du Parti démocrate.
La méritocratie méprise ceux qui n'ont pas bien travaillé à l'école.
La méritocratie n'éprouve que du mépris
envers ceux en bas de l'échelle.
Elle les insulte.
En ce moment, il y a un débat au sein du Parti démocrate,
pour savoir s'il faut aller chercher
les électeurs de Trump,
ce qui me semble insensé.
Bien sûr, vous voulez obtenir le vote des gens,
vous voulez la majorité, n'est-ce pas ?
C'est ce que vous voulez faire.
Mais c'est comme si ces gens étaient infectés.
Ces personnes sont des biens défectueux
car ce ne sont pas des "winners"
Au cours de ma vie, les démocrates
sont devenus un parti qui se sent mal à l'aise face
au mécontentement, à la colère des classes.
Ils n'aiment pas en parler.
Ça les rend mal à l'aise.
Quand ils y sont confrontés, ils le contournent,
ils essayent de lancer des obstacles, des obstacles cognitifs,
ils ne veulent pas y penser.
Ils n'en supportent pas l'idée.
J'ai écrit un livre il y a 15 ans intitulé
"What's the matter with Kansas?"
et qui traite du conservatisme du monde ouvrier.
C'est au sujet des gens de la classe ouvrière qui votent
pour les politiciens de droite,
ce qui n'était pas exactement
un nouveau phénomène
à cette époque mais.... Donc j'ai écrit ce livre.
La réaction des démocrates fut de dire :"Cela ne s'est pas produit.
Cela ne se peut pas."
Maintenant, après Donald Trump, ils ne peuvent plus dire ça.
Bien sûr que ça se passe.
C'est allé très loin.
Donc ils arrivent avec d'autres moyens de le nier.
Ils disent, "Vous savez, Trump n'a pas gagné
sincèrement, il a triché, les Russes l'ont aidé".
Ils ne veulent pas reconnaître ce qui est évident
pour tous ceux qui regardent une carte électorale de l'Amérique,
que les démocrates sont maintenant
un parti de la classe aisée
et que les républicains, un parti avec lequel je suis en désaccord,
que je ne peux pas supporter, qui est plein de démagogues,
de charlatans, de menteurs comme Donald Trump,
que les républicains ont réussi à acquérir les votes
des anciens électeurs du Parti démocrate.
C'est très douloureux pour eux et ils ne veulent pas y faire face.
Admettre que ça arrive voudrait dire
revenir sur leur propre triomphe,
le triomphe de la génération Hillary,
le triomphe de la classe sociale d'Hillary
et de dire : "C'était une erreur".
Trump a fait certaines choses qui étaient nouvelles
pour un républicain et c'était la plus importante.
L'ALÉNA était le premier grand accord commercial en Amérique.
Pour la petite histoire, cet accord a été rédigé
par les républicains, par Reagan et Bush Senior,
par leurs administrations,
mais n'avait pas été accepté par le Congrès.
Généralement, les républicains croient en ces accords.
D'ailleurs, l'ALÉNA n'est pas un accord de libre-échange,
il protège les investissements américains au Mexique.
Il a volontairement été écrit pour briser le pouvoir
des syndicats, d'accord ?
Il a été rédigé dans ce but.
Les syndicats étaient contre ça.
Le Parti démocrate était contre aussi.
Mais Bill Clinton, élu président en 1993, l'a fait passer.
C'est l'une des premières choses qu'il ait faites.
Il l'a fait passer. Il a fait passer un accord commercial
républicain et effectivement, cela a détruit
le syndicalisme en Amérique.
Il a ensuite fait passer d'autres accords commerciaux
qui ont fait la même chose.
Donc pour les ouvriers d'Amérique,
l'ALÉNA fut une trahison.
Donc ils y repensent…
Tout le monde s'en souvient.
S'ils s'en souviennent,
c'est parce que les patrons
en Amérique en parlent à chaque négociation,
chaque fois qu'ils négocient
un contrat avec le syndicat
ou avec leurs employés,
ils disent "si vous n'êtes pas d'accord avec ça,
on va fermer l'usine et la déplacer au Mexique".
Et on en connaît les chiffres,
ça arrive environ 90% du temps. Ça arrive tout le temps
et tous les employés industriels en Amérique le savent.
Et ils détestent toujours Bill Clinton
à cause de ça.
Et voilà Donald Trump.
Il commence à attaquer ces accords commerciaux.
Encore une fois, les républicains ne font jamais ça.
D'abord, il a réussi à battre
tous les autres républicains, 17 républicains
qui avaient plus d'expérience politique, plus d'argent,
comme les Bush.
Il les a battus en utilisant ce problème
et d'autres problèmes.
Et il a battu Hillary Clinton avec ça.
Je pense que c'était le sujet parfait pour battre Hillary Clinton
parce qu'elle ne pouvait pas se sortir de ça,
parce qu'elle s'appelle Clinton.
Elle a essayé d'en sortir.
Elle disait "Je suis en partie d'accord avec ça, vous savez."
Elle tournait autour du pot
mais elle ne pouvait pas échapper au problème.
Si cela avait été un autre démocrate ?
Ça n'aurait pas été aussi catastrophique.
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